Corridor desservi

Dakar → Bamako

L'un des corridors les plus empruntés d'Afrique de l'Ouest, reliant le port de Dakar au Mali, pays enclavé. Formalités de transit et escortes possibles selon la nature de la marchandise.

Dakar, SénégalBamako, Mali

1 470 km

par le corridor nord, via Tambacounda, Kidira et Kayes

Banque mondiale, 2019

200 km de moins

environ, par le corridor sud, via Kédougou et Moussala

Banque mondiale, 2019

60 %

des importations maliennes, en tonnage, passaient par ce corridor

Banque mondiale, 2019

26,5 %

des exportations du Sénégal sont allées au Mali en 2024

ISS Africa, 2026

Les routes

Le corridor nord

Dakar › Kaolack › Tambacounda › Kidira › Diboli › Kayes › Bamako

L'axe principal depuis le début des années 2000, avec le passage frontalier de Kidira, côté Sénégal, et Diboli, côté Mali, séparés par un pont. C'est la route la plus longue, et depuis la fin avril 2026 celle qui a le plus souffert des attaques contre les convois.

Le corridor sud

Tambacounda › Kédougou › Saraya › Moussala › Kita › Kati › Bamako

Environ 200 km plus court. En 2019, la Banque mondiale le jugeait difficile pour les camions chargés, faute de route bitumée côté malien, et il servait surtout aux retours à vide. Le fret s'y est massivement reporté en 2026 : le 13 août, une file d'environ 15 km de camions attendait à Moussala, sur une dizaine de kilomètres encore non bitumés.

Ce qu'il faut savoir avant d'expédier

La situation de sécurité

Un blocus visant le carburant à destination du Mali a été annoncé le 3 septembre 2025. Les convois escortés par l'armée malienne ont permis de le desserrer à partir de la fin octobre 2025, puis il a été rétabli à la fin avril 2026. Plus de 300 citernes ont été détruites depuis le début. Conséquence pour le chargeur : il n'existe plus de délai standard entre Dakar et Bamako, et l'itinéraire se décide semaine par semaine avec les transporteurs qui roulent sur l'axe.

Livrer le Mali sous blocus : ce que disent les chiffres

Le prix du fret a changé d'échelle

Un camion Dakar Bamako se négociait autour de 1,4 million de FCFA avant le blocus. En août 2026, la presse malienne relevait des prix de 3,6 à 4 millions de FCFA. Un devis ancien de quelques semaines peut donc ne plus rien valoir, et un prix fixé pour six mois n'a plus de sens sans clause d'ajustement selon l'itinéraire réellement emprunté.

Où part l'argent d'un voyage vers Bamako

Le port de Dakar n'est plus le goulot

En 2015, la Banque mondiale mesurait 23,7 jours en moyenne entre l'arrivée à Dakar et la livraison à Bamako, dont 13 jours au port. Depuis, Dakar est devenu le port à conteneurs le mieux classé d'Afrique subsaharienne dans l'indice de performance portuaire 2024 de la Banque mondiale et de S&P Global. Le temps perdu se joue désormais surtout sur la route et aux frontières.

Sortir un conteneur du port de Dakar

Le conteneur qui monte à Bamako peut y rester

En février 2026, environ 4 000 conteneurs vides restaient immobilisés à Bamako, les chauffeurs refusant de reprendre la route du retour. Tant qu'un conteneur n'est pas rendu à l'armateur, les frais de détention courent. Dépoter à Dakar et charger sur plateau ou en camion bâché permet souvent d'arrêter le compteur.

Dépoter à Dakar ou monter le conteneur

Les contrôles le long de la route

Le dernier rapport publié de l'Observatoire des pratiques anormales de l'UEMOA, portant sur 2019, relevait plus de 100 000 FCFA de prélèvements illicites par voyage sur les corridors qui partent de Dakar, et environ deux heures et demie perdues aux contrôles par voyage : 154 minutes par Moussala, 147 par Diboli. Un dossier complet et un chauffeur qui connaît l'axe réduisent nettement ces arrêts.

Banques, contrôles et douanes

Le transit et les papiers

La marchandise voyage en transit sous douane jusqu'à Bamako : les droits se paient à destination, contre une caution portée par un intervenant habilité. Côté malien, l'importateur doit être enregistré, déposer une intention d'importation et une attestation d'assurance malienne, et passer par le programme de vérification des importations. Le Mali a quitté la CEDEAO le 29 janvier 2025 mais reste, comme le Sénégal, membre de l'UEMOA : les règles de transit se vérifient donc dossier par dossier, avant le chargement.

Les documents qui arrêtent un camion à la frontière

La charge à l'essieu

Le règlement n° 14/2005/CM/UEMOA plafonne la charge à 11,5 tonnes par essieu et à 51 tonnes de poids total pour les ensembles les plus lourds. Le Sénégal pèse les camions au départ du port et sur ses postes fixes : en avril 2026, 47,71 % des 148 885 camions contrôlés étaient en surcharge. Pour du ciment ou du riz en vrac, le tonnage par camion se calcule avant de réserver, pas au poste de pesage.

La surcharge, ce qu'elle coûte vraiment

Le rail ne prend plus le relais

Jusqu'au début des années 2000, les marchandises de ce corridor voyageaient presque toutes par le train. Le rail n'a pas suivi la hausse des volumes, et le trafic ferroviaire s'est complètement arrêté en 2018. Tout passe aujourd'hui par la route, ce qui explique la pression sur les camions disponibles.

Marchandises courantes

  • Ciment et matériaux de construction
  • Riz et denrées en vrac
  • Conteneurs 20' / 40'
  • Marchandises diverses en groupage

Véhicules adaptés

  • Semi-remorque
  • Camion plateau
  • Conteneur 20' / 40'

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Sources

  • Banque mondiale, Dakar-Bamako Intermodal Corridor Project (P171122), document d'information du projet, 10 septembre 2019 (longueurs des corridors nord et sud, part du corridor dans les importations maliennes, délais mesurés en 2015, arrêt du trafic ferroviaire)
  • Banque mondiale et S&P Global, Container Port Performance Index 2024
  • Institut d'études de sécurité (ISS Africa), 4 juin 2026 (blocus, citernes détruites, conteneurs vides à Bamako, part du Mali dans les exportations sénégalaises)
  • Conseil sénégalais des chargeurs et Union des routiers du Sénégal, déclarations rapportées par la presse sénégalaise et malienne, juillet et août 2026 (report sur la branche sud, file à Moussala, niveau du fret)
  • Observatoire des pratiques anormales de l'UEMOA, rapport 2019 présenté en juillet 2021
  • CEDEAO, communiqué du 29 janvier 2025 sur le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger
  • Règlement n° 14/2005/CM/UEMOA du 16 décembre 2005 ; ministère des Infrastructures du Sénégal, atelier sur la charge à l'essieu du 1er juillet 2026
  • Portail commercial du Mali, formalités d'importation

Faits vérifiés le 23 septembre 2026.