Le 28 février 2026, les frappes sur l'Iran et le blocage du détroit d'Ormuz ont fait passer le Brent d'environ 70 dollars à un pic de 126 dollars le baril en mars. En septembre, il cotait encore autour de 100 dollars. Chaque pays d'Afrique de l'Ouest a répondu à sa manière : certains ont tenu leurs prix, d'autres les révisent tous les mois, d'autres encore ont laissé le marché faire.
Voici le prix officiel du litre de gasoil dans dix pays de la région, avec la date de la décision et l'autorité qui l'a prise. Nous mettrons ce tableau à jour à chaque révision.
Le tableau
Prix officiel du gasoil à la pompe, sauf mention contraire. Les montants en cedis, nairas et francs guinéens sont convertis en francs CFA au taux du 30 septembre 2026, et arrondis.
| Pays | Prix du litre de gasoil | Équivalent FCFA | En vigueur depuis |
|---|---|---|---|
| Niger | 618 FCFA | 618 | 23 juillet 2024 |
| Côte d'Ivoire | 725 FCFA | 725 | août 2026, reconduit en septembre et en octobre |
| Bénin | 750 FCFA | 750 | 1er mai 2026 |
| Burkina Faso | 750 FCFA | 750 | 10 août 2026 |
| Sénégal | 755 FCFA | 755 | 15 août 2026 |
| Nigeria | 1 780 nairas (prix départ raffinerie Dangote) | environ 760 | 1er octobre 2026 |
| Togo | 766 FCFA | 766 | 11 septembre 2026 |
| Guinée | 12 000 GNF | environ 790 | 1er avril 2026 (structure en vigueur) |
| Ghana | 17,97 cedis (prix plancher) | environ 890 | 1er octobre 2026 |
| Mali | 940 FCFA (Bamako) | 940 | 28 mars 2026 |
Ce que le tableau ne dit pas
Au Mali, 940 FCFA est le prix de Bamako. Dans le centre et le nord du pays, le litre se vend de 1 250 à 2 500 FCFA, selon Mondafrique en avril 2026. Le Mali est le seul pays de la liste où le gasoil coûte plus cher que l'essence (875 FCFA) : la hausse du 28 mars a porté le gasoil de 725 à 940 FCFA, soit 29 %, contre 13 % pour l'essence. Le carburant y arrive par convois escortés, et le coût d'une escorte militaire est passé de 600 000 à 800 000 FCFA par convoi.
Au Sénégal, le prix affiché est subventionné. En annonçant la hausse du 15 août, le gouvernement a indiqué que le prix réel du gasoil serait de 1 044 FCFA le litre, contre 755 FCFA à la pompe. L'État avait déjà consacré plus de 245 milliards de FCFA aux subventions depuis janvier. Les prix fixés sont des plafonds : un distributeur peut vendre moins cher, jamais plus.
En Guinée, tout le monde ne paie pas 12 000 francs guinéens. La structure des prix du 1er avril 2026 maintient ce prix pour le public, mais fixe le gasoil à 15 500 GNF pour le secteur minier, 16 400 GNF pour les opérations exonérées et les soutes locales, 14 100 GNF pour Électricité de Guinée. Une mine paie donc près de 30 % de plus qu'un automobiliste. À Conakry, lors des pénuries de mars, le marché noir montait à 20 000 GNF et plus.
Au Ghana et au Nigeria, le prix est libre. L'Autorité nationale du pétrole du Ghana publie deux fois par mois un prix plancher, et les distributeurs vendent au dessus : le plancher est de 17,97 cedis depuis le 1er octobre, et la chambre des distributeurs prévoyait un gasoil jusqu'à 19,60 cedis à la pompe. Au Nigeria, le chiffre qui fait référence est le prix départ raffinerie de Dangote, que la raffinerie modifie au gré du marché : 1 850 nairas le litre à partir du 4 septembre, puis 1 780 nairas depuis le 1er octobre. Le prix à la pompe y ajoute le transport et la marge du distributeur : fin septembre, le gasoil dépassait 2 000 nairas le litre dans les stations.
Au Niger, le prix n'a pas bougé depuis 2024. Le gouvernement l'avait baissé de 668 à 618 FCFA en juillet 2024, et le pays raffine son propre brut à Zinder. C'est le gasoil le moins cher de la liste.
En Mauritanie, le prix change presque chaque mois. Un mécanisme adopté fin 2025 répercute les variations des cours sur la pompe. Le 2 juin 2026, quatrième hausse depuis le début de la guerre, le gasoil est passé de 59,17 à 62,13 ouguiyas le litre, soit environ 890 FCFA.
Qui fixe les prix
Dans les pays de la zone franc, le prix est administré : il est fixé par l'État, souvent par un comité, et publié comme un plafond.
- Côte d'Ivoire : le ministère des Mines, du Pétrole et de l'Énergie publie chaque mois les prix maxima, selon un mécanisme automatique.
- Burkina Faso : un comité interministériel, présidé par le secrétaire général de la Primature, a décidé la hausse d'août. C'était la première depuis août 2022.
- Togo : un arrêté interministériel signé par trois ministres fixe les prix, sous le suivi d'un comité dédié.
- Mali : l'Office malien des produits pétroliers annonce les nouveaux prix.
- Bénin : le ministère de l'Industrie et du Commerce publie la grille.
- Guinée : la Société nationale des pétroles fixe les prix, avec un comité paritaire.
Deux conséquences pour un acheteur. D'abord, le prix peut changer d'un jour à l'autre par décision publique : le Togo l'a fait deux fois cette année, en mai puis en septembre. Ensuite, l'écart entre le prix subventionné et le coût réel reste une dette de l'État. Quand les budgets se tendent, cet écart se referme toujours dans le même sens.
Notre lecture
Le prix à la pompe est une information politique autant qu'économique. Pour un ménage, c'est le seul qui compte. Pour une mine, une centrale ou une flotte de camions, c'est un repère, rarement le vrai prix d'achat. Le vrai prix d'achat, c'est le dépôt ou le navire : une cotation internationale, plus le fret, le stockage, les taxes du pays et le transport jusqu'au site.
Notre conviction est que les prix de 2026 ne vont pas se stabiliser tant que le Golfe restera sous tension, et que les révisions mensuelles vont continuer. Celui qui achète au jour le jour subit chaque révision. Celui qui achète avec un contrat, une formule de prix connue et un calendrier de livraisons sait à l'avance comment son prix bougera. C'est la seule protection qui existe réellement.
Deux écarts du tableau méritent aussi d'être regardés de près. Entre le gasoil de Niamey et celui de Bamako, il y a 322 FCFA par litre. Entre le prix public guinéen et le prix minier, 3 500 francs guinéens. Ces écarts disent tout sur le coût d'une route qui n'est pas sûre et sur ce que l'État fait payer à ceux qui peuvent payer.
Questions fréquentes
Quel est le prix du gasoil au Sénégal ?
755 FCFA le litre depuis le 15 août 2026. C'est un prix plafond fixé par l'État, et le gouvernement estime le coût réel du produit à 1 044 FCFA le litre.
Quel est le prix du carburant au Mali en 2026 ?
À Bamako, le gasoil est à 940 FCFA et l'essence à 875 FCFA depuis le 28 mars 2026. Dans le centre et le nord du pays, le litre se vend de 1 250 à 2 500 FCFA.
Dans quel pays d'Afrique de l'Ouest le gasoil est-il le moins cher ?
Au Niger, à 618 FCFA le litre, un prix inchangé depuis juillet 2024. Le plus cher de notre tableau est le Mali, à 940 FCFA à Bamako.
Pourquoi le prix du carburant change-t-il chaque mois en Côte d'Ivoire ?
Parce que le pays applique un mécanisme automatique : le ministère des Mines, du Pétrole et de l'Énergie révise les prix maxima chaque mois selon les cours internationaux. Il peut aussi décider de les maintenir, comme en septembre et en octobre 2026.
Ce que nous faisons
GraceRoad achète et livre du gasoil par la Côte d'Ivoire, le Bénin, le Togo et le Sénégal, avec des partenaires qui disposent de leurs propres capacités de stockage, et travaille avec des négociants internationaux pour les cargaisons complètes. Nous livrons sur site, avec un certificat d'analyse pour chaque lot. Si vous consommez du gasoil tous les mois, décrivez-nous votre volume et votre lieu de livraison : nous vous proposerons une formule de prix plutôt qu'un prix du jour.
À lire aussi : acheter du gasoil, de l'essence ou du fuel en Afrique de l'Ouest et livrer le Mali sous blocus.
Sources : Togo First, 27 mai 2026 (Brent de 70 à 126 dollars après le 28 février, prix du Togo au 27 mai) ; MyJoyOnline, 1er octobre 2026 (prix planchers de l'Autorité nationale du pétrole du Ghana et prévisions des distributeurs) ; gouvernement du Sénégal, cité par Sénégal Direct (prix du 15 août 2026, prix réel et subventions) ; KOACI, 31 août 2026, et Abidjan.net, octobre 2026 (prix maxima de septembre et d'octobre en Côte d'Ivoire, ministère des Mines, du Pétrole et de l'Énergie) ; Burkina 24, 9 août 2026 (hausse du gasoil au Burkina Faso) ; Bamada.net et Mondafrique, avril 2026 (prix de l'Office malien des produits pétroliers au 28 mars 2026, prix hors Bamako, coût des escortes) ; Soleil FM Guinée, avril 2026 (structure des prix de la Société nationale des pétroles) ; Investigator Guinée, 3 mars 2026 (marché noir à Conakry) ; ministère de l'Industrie et du Commerce du Bénin, cité par Bénin Web TV (grille du 1er mai 2026) ; arrêté interministériel du 10 septembre 2026, cité par Afrique sur 7 (prix du Togo au 11 septembre) ; gouvernement du Niger, communiqué du 17 juillet 2024 ; Legit.ng, septembre et 1er octobre 2026 (prix départ raffinerie de Dangote) ; Brand Communicator, 21 septembre 2026 (prix à la pompe au Nigeria) ; Le360 Afrique, 4 février et 7 juin 2026 (mécanisme mauritanien et prix au 2 juin) ; taux de change du 30 septembre 2026.
