Les conditions générales de BP pour la vente de pétrole et de produits raffinés, édition 2015, posent une règle que tout acheteur devrait connaître : le certificat de quantité et de qualité établi au chargement sert à facturer, « sauf erreur manifeste ou fraude ». Autrement dit, ce document décide de ce que vous payez. Encore faut-il savoir le lire.
Un certificat d'analyse de gasoil tient sur une page. Une vingtaine de lignes, chacune avec une méthode d'essai, une limite et un résultat. Voici ce que chacune dit, et celles qui doivent vous faire refuser un lot.
Passez à l'action
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- Voir notre offre carburant, avec un certificat d'analyse pour chaque lot.
Trois documents qu'on confond souvent
- Le certificat de qualité décrit le produit d'un bac de raffinerie ou de dépôt. Il dit ce qu'était le produit dans ce bac, pas forcément ce qui est entré dans votre citerne.
- Le certificat d'analyse donne les résultats de laboratoire sur un échantillon précis : il doit porter la date, le lieu, le numéro de bac ou de lot et la méthode de prélèvement.
- Le certificat de quantité donne les volumes et la masse chargés, ramenés à 15 °C.
Les conditions générales de BP exigent que le certificat établi par un inspecteur indépendant indique qu'il a lui-même prélevé les échantillons, réalisé l'analyse et mesuré la quantité, ou qu'il y a assisté. S'il n'y a pas assisté, le certificat doit le dire, et il ne vaut plus que comme simple élément de preuve. Regardez donc d'abord qui a prélevé, où et quand, avant de regarder les chiffres.
Les lignes du certificat, une à une
Les limites ci-dessous sont celles de la norme européenne EN 590, la plus citée dans les contrats. Les certificats africains utilisent souvent les méthodes américaines de l'ASTM : nous les donnons entre parenthèses.
| Ligne du certificat | Limite EN 590 | Ce qu'elle vous dit |
|---|---|---|
| Masse volumique à 15 °C (ASTM D4052) | 820 à 845 kg/m³ | Sert à convertir tonnes et litres ; hors plage, le produit a été mélangé ou ne correspond pas |
| Soufre (ASTM D5453 ou D4294) | 10 mg/kg (EN 590) ; 50 mg/kg pour les importations dans l'espace CEDEAO | La valeur doit respecter le contrat, pas seulement la norme |
| Point d'éclair (ASTM D93) | au-dessus de 55 °C | Un point d'éclair bas signale un mélange avec un produit plus volatil, essence ou kérosène |
| Indice de cétane calculé (ASTM D4737) | 46 au moins | Qualité d'allumage, calculée à partir de la densité et de la distillation |
| Indice de cétane mesuré sur moteur (ASTM D613) | 51 au moins | Même qualité, mesurée ; un démarrage difficile et des fumées viennent souvent d'un cétane faible |
| Distillation (ASTM D86) | moins de 65 % distillés à 250 °C, au moins 85 % à 350 °C, 95 % distillés à 360 °C au plus | Une fin de distillation trop haute signale des fractions lourdes |
| Viscosité à 40 °C (ASTM D445) | 2,00 à 4,50 mm²/s | Trop basse, la pompe d'injection s'use ; trop haute, la pulvérisation se dégrade |
| Teneur en eau (ASTM D6304) | 200 mg/kg au plus | L'eau nourrit les micro-organismes et corrode le circuit |
| Contamination totale | 24 mg/kg au plus | Particules qui colmatent filtres et injecteurs |
| Résidu de carbone | 0,30 % au plus | Tendance à encrasser |
| Cendres | 0,01 % au plus | Particules minérales abrasives |
| Corrosion à la lame de cuivre (ASTM D130) | classe 1 | Composés soufrés corrosifs |
| Stabilité à l'oxydation | 25 g/m³ au plus | Tenue du produit dans le temps |
| Pouvoir lubrifiant (diamètre d'usure à 60 °C) | 460 µm au plus | Protection de la pompe d'injection |
| Esters méthyliques (biodiesel) | 7 % en volume au plus | Part de biodiesel mélangée |
| Aspect (ASTM D4176) | clair et limpide | Pas d'eau libre, pas de particules visibles |
La tenue au froid, mesurée par la température limite de filtrabilité, dépend de la classe climatique choisie dans la norme. Sous les climats d'Afrique de l'Ouest, elle compte peu ; pour un site d'altitude ou un pays austral en hiver, demandez-la.
Le soufre : la norme du pays, et surtout celle du contrat
La directive C/DIR.1/9/2020 de la CEDEAO plafonne le soufre du gasoil à 50 ppm, soit 50 mg/kg, pour les importations depuis le 1er janvier 2021. La norme EN 590 va plus loin : 10 mg/kg. Un gasoil à 50 ppm peut donc être parfaitement légal à Dakar et non conforme à un contrat qui exige du « EN 590 10 ppm ». Notre article gasoil 50 ppm explique qui respecte réellement la norme en 2026.
Les quatre signaux qui doivent faire refuser un lot
- Un point d'éclair sous 55 °C. C'est le signe le plus fiable d'un gasoil coupé à l'essence ou au kérosène, plus sûr que la densité, comme nous l'expliquons dans carburant frelaté.
- Une masse volumique hors de la plage du contrat. Elle fausse aussi toutes vos conversions entre tonnes et litres.
- De l'eau au-dessus de 200 mg/kg, ou un aspect trouble. Un produit qui n'est pas « clair et limpide » ne doit pas entrer dans votre cuve.
- Un soufre au-dessus du contrat. Même légal dans le pays, il ne correspond pas à ce que vous avez acheté.
Ce qu'un certificat sérieux doit aussi porter
- Le nom du laboratoire et, idéalement, son accréditation selon la norme ISO/IEC 17025, qui atteste la compétence des laboratoires d'essais.
- La date et le lieu du prélèvement, le numéro du bac, du lot ou du navire.
- La méthode d'essai pour chaque ligne, et la limite de la spécification en face du résultat.
- La signature de l'inspecteur et la mention de ce qu'il a fait ou vu.
- Les références que vous retrouverez sur le bon de chargement et le connaissement.
Un certificat sans date, sans numéro de lot, ou dont les résultats sont tous exactement à la valeur typique d'une fiche commerciale, doit éveiller la méfiance.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un certificat d'analyse de gasoil ?
Le document d'un laboratoire qui donne les résultats d'essais réalisés sur un échantillon précis du produit, ligne par ligne, avec la méthode d'essai et la limite de la spécification.
Quel est le point d'éclair minimum du gasoil ?
Plus de 55 °C selon la norme EN 590. Un point d'éclair plus bas signale en général un mélange avec un produit plus volatil.
Quelle teneur en eau est acceptable dans le gasoil ?
200 mg/kg au plus selon la norme EN 590, et un aspect clair et limpide, sans eau libre.
Quelle différence entre indice de cétane et nombre de cétane ?
Le nombre de cétane se mesure sur un moteur d'essai (51 au moins en EN 590) ; l'indice de cétane se calcule à partir de la densité et de la distillation (46 au moins).
Qui doit payer l'analyse ?
Le contrat le dit. Dans le négoce, l'inspection au chargement est souvent partagée entre vendeur et acheteur ; nous détaillons les tarifs dans inspection SGS ou Bureau Veritas : combien ça coûte.
Ce que nous faisons
GRACECORP AMD GROUP fournit le gasoil, l'essence, le Jet A-1, le fioul CST 180 et le bitume. Chaque lot est inspecté au chargement par un organisme indépendant et part avec son certificat d'analyse, à comparer à la spécification inscrite au contrat. En Afrique de l'Ouest, nous livrons par camion-citerne depuis nos propres dépôts ou ceux de nos partenaires à Dakar, Abidjan, Lomé ou Cotonou, selon la disponibilité ; ailleurs en Afrique, par navire jusqu'à votre port, à partir de 2 000 tonnes.
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À lire aussi : 1 tonne de gasoil en litres et réception d'une livraison de gasoil : les contrôles à faire.
Sources : BP Oil International, conditions générales pour les ventes et achats de pétrole brut et de produits pétroliers, édition 2015, version 1.2, sections 2.2.1 à 2.2.3 ; norme EN 590, tableau des exigences générales et méthodes d'essai reproduit par Wikipedia (révision du 10 novembre 2025) ; directive CEDEAO C/DIR.1/9/2020 sur les spécifications des carburants, présentée dans notre article sur le gasoil 50 ppm ; ASTM International, titres et domaines des normes D4052, D5453, D4294, D93, D4737, D613, D86, D445, D6304, D130 et D4176-22e01 (eau libre et particules, procédure « clair et limpide ») ; ISO/IEC 17025, exigences générales de compétence des laboratoires d'étalonnage et d'essais.
