Le 30 septembre 2026, plusieurs stations du Grand Libreville n'ont plus de gasoil. Les pompes sont à sec, les files s'allongent, et les pompistes ne savent pas quand le produit reviendra. En dix jours, le Gabon va connaître une rupture de gasoil, puis d'essence, deux navires en urgence et une circulaire qui interdit de servir le carburant dans des bidons alimentaires. Pour un pays producteur de pétrole, c'est un paradoxe. Pour une entreprise qui fait tourner des camions, des groupes électrogènes ou un chantier, c'est un avertissement.
Dix jours de pénurie, jour par jour
- 30 septembre. Les premières stations du Grand Libreville manquent de gasoil.
- 2 octobre. Le ministère du Pétrole reconnaît une tension temporaire sur l'approvisionnement. Les volumes restants de la SGEPP, la société qui gère les dépôts, sont libérés en attendant une cargaison, avec un rationnement temporaire.
- 4 octobre. Le navire Savanan, environ 30 000 m³ de produits, accoste à Owendo vers 4 heures du matin. Le gasoil revient progressivement dans les stations.
- 5 octobre. C'est désormais l'essence qui commence à manquer.
- 6 octobre. Une circulaire interdit de servir du carburant dans des bidons alimentaires, et plus largement dans tout récipient dont la solidité et la sécurité ne sont pas garanties.
- 8 octobre. Un pétrolier chargé de 8 000 tonnes d'essence accoste à Owendo. Les 4 000 premières tonnes, environ 5,2 millions de litres, doivent couvrir environ six jours de consommation, sur la base d'une demande de 708 000 litres d'essence par jour, selon la SGEPP.
- 12 octobre. Le directeur général de la SGEPP, Yvon Tchicot, annonce d'autres navires en route pour éviter une nouvelle rupture.
Pourquoi un pays pétrolier manque de carburant
Le Gabon produit du brut, mais il raffine peu. Sa seule raffinerie, la Sogara, à Port-Gentil, a une capacité nominale de 1,2 million de tonnes de brut par an, aujourd'hui évaluée à environ 0,86 million. Au premier trimestre 2026, l'activité de raffinage du pays a reculé de 15,2 % sur un an, d'abord faute de brut à traiter, selon une note de conjoncture citée par Ecomatin, qui ajoute que les opérateurs préfèrent souvent exporter leur brut, jugé plus rentable.
Le reste vient de l'étranger, par navire. Quand une cargaison tarde, les stocks s'épuisent vite : en 2025, la SGEPP indiquait une autonomie moyenne de 16 jours pour les produits blancs à Owendo. Et l'État paie la différence entre le prix d'achat et le prix à la pompe : 30 milliards de FCFA de subventions pour le seul mois de septembre 2026, selon Africa24.
Le 8 octobre, le gouvernement a fixé trois priorités : moderniser la Sogara, renforcer les stocks stratégiques et lancer les études d'une nouvelle raffinerie. Deux contrats d'ingénierie avaient déjà été attribués à Technip Energies au premier trimestre, pour augmenter la capacité de l'unité existante et ajouter un complexe d'hydrocraquage. Ce sont des projets de plusieurs années.
Ce qu'une entreprise peut faire maintenant
- Connaître son autonomie. Combien de jours votre site tient-il avec sa cuve pleine ? Si la réponse est inférieure à l'autonomie nationale, chaque rupture vous arrête.
- Avoir deux sources. Un seul fournisseur, c'est un seul point de rupture. Un second contrat, même pour une part minoritaire de vos volumes, vous laisse une porte ouverte.
- Recevoir par mer quand les volumes le permettent. Pour les gros consommateurs, une livraison par navire directement à Owendo ou à Port-Gentil, à partir de 2 000 tonnes, échappe aux files des stations.
- Contrôler la qualité pendant les crises. Les pénuries sont le moment où circulent les carburants frelatés : un certificat d'analyse pour chaque lot, et des prélèvements à la livraison.
- Stocker dans les règles. Bidons et récipients de fortune sont désormais interdits à la pompe, et dangereux sur un site.
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Questions fréquentes
Pourquoi y a-t-il une pénurie de carburant au Gabon ?
Le pays raffine peu : l'activité de la Sogara a reculé de 15,2 % sur un an au premier trimestre 2026, faute de brut. Le reste est importé par navire, et un retard de cargaison suffit à vider les stocks, comme fin septembre 2026.
Combien de jours d'autonomie a le Gabon ?
En 2025, la SGEPP indiquait une autonomie moyenne de 16 jours pour les produits blancs à Owendo, et de 35 jours à Moanda. Le 8 octobre 2026, la première moitié d'une cargaison de 8 000 tonnes d'essence devait couvrir environ six jours de consommation.
Peut-on acheter du carburant en bidon au Gabon ?
Depuis la circulaire du 6 octobre 2026, les stations n'ont plus le droit de servir dans des bidons alimentaires ni dans des récipients dont la sécurité n'est pas garantie.
Comment une entreprise peut-elle sécuriser son carburant au Gabon ?
En connaissant l'autonomie de son site, en ayant deux fournisseurs, en recevant par navire quand les volumes dépassent quelques milliers de tonnes, et en contrôlant la qualité de chaque lot.
Ce que nous faisons
GraceRoad livre du gasoil et de l'essence par navire directement à Owendo ou à Port-Gentil, à partir de 2 000 tonnes, avec une inspection indépendante au chargement et un certificat d'analyse pour chaque lot. Le prix est établi pour chaque commande, sur la cotation internationale du produit et une prime annoncée, et le port de chargement est inscrit au contrat.
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Sources : Gabonactu, 4 et 8 octobre 2026 (retour du gasoil, 8 000 tonnes d'essence, stations ouvertes) ; Gabon Media Time, octobre 2026 (six jours d'autonomie, 708 000 litres par jour, déclarations de la SGEPP) ; Gabonreview et Info241, octobre 2026 (circulaire sur les bidons alimentaires) ; L'Union, octobre 2026 (pénurie dans le Grand Libreville) ; Direct Infos Gabon, octobre 2026 (stocks de sécurité de la SGEPP) ; Ecomatin, 2026 (recul de 15,2 % du raffinage, capacité de la Sogara, contrats de Technip Energies) ; Africa24, octobre 2026 (30 milliards de FCFA de subventions en septembre).
