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Marché

Raffineries d'Afrique de l'Ouest en 2026 : SAR, SIR, Dangote

1 octobre 2026 · 8 min de lecture

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Installations pétrolières de Tema, au Ghana, vues depuis la route

Photo : Hiroo Yamagata · CC BY-SA 2.0

L'Afrique de l'Ouest produit du pétrole brut depuis des décennies, et en a longtemps importé presque tout le carburant. En 2026, la carte change : une raffinerie géante tourne à plein au Nigeria, le Ghana a rallumé la sienne, le Sénégal prépare une seconde unité. Mais la moitié des pays de la région n'a toujours aucune raffinerie.

Voici l'état réel de chaque raffinerie, sa capacité et ce qu'elle change pour ceux qui achètent du carburant.

Le tableau

Les capacités sont données dans l'unité publiée par chaque raffinerie. Pour comparer : une capacité d'un million de tonnes par an correspond à environ 20 000 barils par jour.

RaffineriePaysCapacitéÉtat en 2026
Dangote, LekkiNigeria650 000 barils par jourÀ pleine capacité depuis février 2026
Port Harcourt (NNPC)Nigeria210 000 barils par jour (nominal)À l'arrêt
Warri (NNPC)Nigeria125 000 barils par jour (nominal)À l'arrêt
Kaduna (NNPC)Nigeria110 000 barils par jour (nominal)À l'arrêt
SIR, AbidjanCôte d'Ivoire3,8 millions de tonnes par anEn service, 3,2 millions de tonnes produites en 2025
SentuoGhana40 000 barils par jourEn service, extension vers 100 000 barils par jour
TOR, TemaGhana45 000 barils par jour (nominal)Redémarrée en 2026 après huit ans d'arrêt
SAR, MbaoSénégalenviron 1,5 million de tonnes par anEn service, seconde unité en préparation
SORAZ, ZinderNiger20 000 barils par jourEn service depuis 2011

Le Mali, le Burkina Faso, la Guinée, le Togo, le Bénin, la Gambie, la Guinée-Bissau, la Sierra Leone et le Liberia n'ont pas de raffinerie en activité. Tout leur carburant arrive raffiné, par la mer ou par la route.

Dangote, le géant qui redessine la carte

La raffinerie Dangote, près de Lagos, a atteint ses 650 000 barils par jour en février 2026. À elle seule, elle raffine plus que toutes les autres raffineries en service de la région réunies. Elle produit une essence et un gasoil aux normes Euro 5, et a commencé à exporter vers la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Togo et le Cameroun en mars 2026. Elle a annoncé un projet pour doubler sa capacité, à 1,4 million de barils par jour, et a ouvert son capital au public nigérian le 14 septembre 2026.

Nous avons consacré un article entier à la question que se posent les acheteurs : qui peut acheter son gasoil, et comment.

Les raffineries publiques du Nigeria, à l'arrêt

Port Harcourt, Warri et Kaduna ont coûté des milliards de dollars en réhabilitations successives sans jamais fonctionner durablement. En février 2026, le directeur général de la NNPC, Bashir Ojulari, a justifié leur arrêt par des pertes « monumentales », un taux d'utilisation bloqué autour de 50 à 55 %, et des produits de qualité moyenne qui ne valaient pas le brut qu'on y mettait. Le 30 avril 2026, la NNPC a signé un protocole d'accord avec le chinois Sanjiang Chemical pour étudier une reprise de Warri et de Port Harcourt. En septembre, aucune décision n'était encore prise.

La SIR, à Abidjan

La Société ivoirienne de raffinage a une capacité de 3,8 millions de tonnes de brut par an, soit environ 76 000 barils par jour. En 2025, elle n'en a produit que 3,2 millions, en recul de 15,8 %, à cause de contraintes techniques : une partie de l'outil a été arrêtée pour maintenance réglementaire.

Son grand chantier est la qualité. Pour produire un gasoil à 50 ppm de soufre, conforme à la norme de la CEDEAO, la SIR construit une unité d'hydrodésulfuration à Vridi, dont la première pierre a été posée le 2 octobre 2025. Le projet coûte 545 milliards de FCFA, dont 254 milliards prêtés en juin 2026 par huit banques ivoiriennes, sous la conduite de la BOAD. Mise en service visée : 2030. La direction a précisé que ce gasoil de meilleure qualité serait vendu au même prix.

La SAR, à Dakar

La Société africaine de raffinage, à Mbao, traite environ 180 tonnes de brut par heure, soit à peu près 1,5 million de tonnes par an. En février 2025, elle a raffiné pour la première fois du brut sénégalais, venu du champ de Sangomar.

Elle ne couvre pas les besoins du pays, qui reste largement importateur. D'où le projet d'une seconde raffinerie de 4 millions de tonnes par an, capable de traiter le brut de Sangomar et d'autres bruts. Le 23 septembre 2026, la SAR a signé avec la société turque Yamata un protocole pour finaliser les études d'ingénierie de détail, dernière étape avant la construction. Coût annoncé : 2 à 3 milliards de dollars pour la nouvelle unité, et 300 à 500 millions pour moderniser Mbao. L'objectif est de couvrir le marché national et d'exporter les excédents dans la sous-région.

Le Ghana : Tema rallumée, Sentuo agrandie

La Tema Oil Refinery, 45 000 barils par jour de capacité nominale, n'avait plus traité de brut depuis 2018. Le président Mahama a annoncé sa remise en marche en février 2026 ; elle a reçu un million de barils de brut le 27 mai et repris le raffinage le 3 juin.

À côté, la raffinerie privée Sentuo, construite par le groupe chinois du même nom et inaugurée en janvier 2024, tourne à 40 000 barils par jour. Le 25 juin 2026, le ministre de l'Énergie a lancé la phase qui doit la porter à 100 000 barils par jour.

Le Niger : Zinder, et un projet à Dosso

La SORAZ, à Zinder, raffine 20 000 barils par jour du brut d'Agadem depuis novembre 2011. Elle appartient à 60 % au chinois CNPC et à 40 % à l'État nigérien. Le pays ne consomme qu'une partie de sa production, et exporte le reste vers ses voisins, ce qui explique en partie le prix du gasoil au Niger, le plus bas de la région.

Le 15 août 2026, le Niger a signé avec le groupe Zimar une convention pour une raffinerie de 100 000 barils par jour à Dosso, pour 1,9 milliard de dollars, en construction, exploitation et transfert. Le financement devait être mobilisé dans les mois suivants.

Notre lecture

Trois choses changent pour un acheteur de carburant en Afrique de l'Ouest.

La qualité monte. Entre les normes Euro 5 de Dangote et l'unité de désulfuration de la SIR, le gasoil hors norme aura de moins en moins d'excuses. Exigez le certificat d'analyse.

L'origine se rapproche. Une cargaison de Lagos met quelques jours à rejoindre Lomé ou Abidjan, contre deux semaines ou plus depuis l'Europe, et davantage depuis l'Asie. C'est moins de fret et moins d'exposition aux crises lointaines, comme celle du détroit d'Ormuz en 2026.

Le goulot d'étranglement se déplace. La région ne manque plus de capacité de raffinage : elle manque de dépôts à l'intérieur des terres, de camions-citernes et de routes sûres. Pour un site au Mali ou au Burkina, la raffinerie la plus proche compte moins que le dépôt le plus proche. Nous l'expliquons dans notre article sur le stockage du carburant en Afrique de l'Ouest.

Questions fréquentes

Quelle est la capacité de la raffinerie SAR du Sénégal ?

Environ 180 tonnes de brut par heure, soit à peu près 1,5 million de tonnes par an. Une seconde raffinerie de 4 millions de tonnes par an est en préparation avec la société turque Yamata.

Quelle est la capacité de la SIR en Côte d'Ivoire ?

3,8 millions de tonnes de brut par an. Elle en a produit 3,2 millions en 2025, en recul de 15,8 %.

Quelle est la plus grande raffinerie d'Afrique ?

La raffinerie Dangote, au Nigeria : 650 000 barils par jour depuis février 2026.

Quels pays d'Afrique de l'Ouest n'ont pas de raffinerie ?

Le Mali, le Burkina Faso, la Guinée, le Togo, le Bénin, la Gambie, la Guinée-Bissau, la Sierra Leone et le Liberia n'ont pas de raffinerie en activité.

Ce que nous faisons

GraceRoad achète du carburant certifié, quelle que soit la raffinerie d'origine, auprès de partenaires qui disposent de dépôts en Côte d'Ivoire, au Bénin, au Togo et au Sénégal, et de négociants internationaux pour les cargaisons complètes. Nous le livrons sur votre site, avec un certificat d'analyse pour chaque lot.

À lire aussi : prix du gasoil en Afrique de l'Ouest, pays par pays et raffinerie Dangote : qui peut acheter son gasoil.


Sources : Africanews et allAfrica, 23 mars 2026, et Daba Finance (Dangote : capacité, exportations, introduction en bourse, projet d'extension) ; Freedom Online, 5 février 2026 (déclarations de Bashir Ojulari sur l'arrêt des raffineries de la NNPC) ; Brand Communicator, 21 septembre 2026 (protocole avec Sanjiang Chemical) ; The Will (capacités nominales de Port Harcourt, Warri et Kaduna) ; Sika Finance, 11 juin 2026, et presse ivoirienne (SIR : capacité, production 2025, unité d'hydrodésulfuration et financement) ; Seneweb (capacité horaire de la SAR) ; allAfrica, février 2025 (premier brut de Sangomar) et 23 septembre 2026 (protocole SAR et Yamata, coûts) ; Citi Newsroom, 27 février 2026, et MyJoyOnline, 8 juin 2026 (redémarrage de la Tema Oil Refinery) ; Africa Oil and Gas Report, janvier 2026 (capacité nominale de TOR) ; Citi Newsroom, 25 juin 2026, et The Star (Sentuo) ; Autorité de régulation du secteur de l'énergie du Niger (SORAZ) ; Africa Radio, août 2026 (convention de Dosso).

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