Le 31 mai 2019, un incendie ravage la raffinerie de la SONARA, à Limbé. Plus de sept ans après, le Cameroun n'a toujours pas de raffinerie en état de marche. L'essentiel du gasoil, de l'essence et du fuel vendus dans le pays arrive par navire, acheté sur les marchés internationaux et payé en devises. Au premier trimestre 2026, la facture a atteint 274,3 milliards de FCFA.
Pour un industriel camerounais, une cimenterie, une plantation, une mine ou un transporteur, cette dépendance a un prix, et des risques. Voici comment le pays achète son carburant, quand la raffinerie pourrait redémarrer, et comment sécuriser son propre approvisionnement d'ici là.
Un pays qui importe l'essentiel de son carburant
Selon le ministre de l'Eau et de l'Énergie, le Cameroun a importé près de 1,8 million de tonnes de produits pétroliers finis entre janvier et octobre 2025. Au premier trimestre 2026, les achats d'hydrocarbures sur les marchés internationaux ont coûté 274,3 milliards de FCFA, contre 267,7 milliards un an plus tôt, soit 2,5 % de plus, selon Investir au Cameroun.
Qui achète : la CSPH et les traders
Face à la flambée des cours liée au conflit au Moyen-Orient, les autorités ont réactivé un mécanisme d'approvisionnement piloté par la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures, la CSPH, qui confie les importations à des traders internationaux, trimestre par trimestre. Pour le deuxième trimestre 2026, trois ont été retenus : Mocoh, Vitol et Cleveland Overseas.
Le financement suit le même chemin que partout dans le négoce : la SONARA a obtenu de l'ITFC, la société de financement du commerce du groupe de la Banque islamique de développement, un accord pouvant atteindre 126,5 milliards de FCFA pour importer des produits pétroliers.
La SONARA redémarrera-t-elle en 2027 ?
C'est l'objectif officiel. En août 2025, le conseil d'administration de la SONARA a adopté un plan de 24 mois, baptisé PARRAS 24, pour reprendre le raffinage. Le Premier ministre a fixé l'objectif d'une restauration complète d'ici fin 2027. En mai 2026, un consortium de quatre assureurs camerounais mené par SanlamAllianz a été retenu pour couvrir les chantiers, et l'attribution du partenariat public-privé pour la reconstruction était attendue au second semestre 2026.
Mais le calendrier fait débat. Les estimations du coût varient selon les sources, de 30 à 115 milliards de FCFA. Selon une étude citée par News du Cameroun, seules environ 75 % des installations seraient récupérables, et une source interne citée par la presse estime que la raffinerie ne pourrait pas fonctionner avant trois ans. Le financement, lui, n'est pas bouclé.
Pour un industriel, la conclusion est prudente : il faut organiser son approvisionnement comme si les importations allaient durer au delà de 2027.
Ce que cela change pour un industriel
L'importation totale expose à trois risques : le retard d'une cargaison, la hausse des cours mondiaux, et la tension sur les devises. En juin 2026, la nouvelle cimenterie de Cimencam à Figuil, 500 000 tonnes par an, a même dû s'arrêter faute d'électricité, rappelant que l'énergie est devenue un sujet de continuité pour l'industrie du pays.
- Sécuriser une autonomie sur site. Une cuve dimensionnée pour plusieurs semaines protège la production d'un retard de navire.
- Diversifier ses fournisseurs. Un distributeur local pour le quotidien, et une seconde source pour les gros volumes.
- Recevoir par mer quand les volumes le permettent. Pour les gros consommateurs, une livraison par navire directement à Douala ou à Kribi, à partir de 2 000 tonnes, avec une inspection indépendante au chargement.
- Payer contre documents. Lettre de crédit ou avance contre contrat signé, et un certificat d'analyse pour chaque lot.
Demander un prix de carburant livré au Cameroun sur WhatsApp
Questions fréquentes
Pourquoi le Cameroun importe-t-il son carburant ?
Parce que sa seule raffinerie, la SONARA à Limbé, est à l'arrêt depuis l'incendie du 31 mai 2019. Le pays a importé près de 1,8 million de tonnes de produits finis entre janvier et octobre 2025.
Quand la SONARA va-t-elle redémarrer ?
L'objectif officiel est une restauration complète d'ici fin 2027, dans le cadre du plan PARRAS 24 adopté en août 2025. Le calendrier est contesté : seules environ 75 % des installations seraient récupérables, et le financement n'est pas bouclé.
Qui importe le carburant au Cameroun ?
La CSPH pilote les importations et les confie à des traders internationaux, trimestre par trimestre. Pour le deuxième trimestre 2026 : Mocoh, Vitol et Cleveland Overseas.
Combien le Cameroun dépense-t-il pour importer son carburant ?
274,3 milliards de FCFA au premier trimestre 2026, contre 267,7 milliards un an plus tôt.
Ce que nous faisons
GraceRoad livre du gasoil, de l'essence et du fuel par navire directement à Douala ou à Kribi, à partir de 2 000 tonnes, avec une inspection indépendante au chargement et un certificat d'analyse pour chaque lot. Le prix est établi pour chaque commande, sur la cotation internationale du produit et une prime annoncée, et le port de chargement est inscrit au contrat.
Demander un prix sur WhatsApp ou voir comment nous livrons le carburant.
À lire aussi : négoce de carburant : personne n'a le produit, tout le monde le finance et crédit documentaire, SBLC, cash and carry : comment payer.
Sources : Investir au Cameroun, 2026 (274,3 milliards de FCFA d'importations au premier trimestre 2026 ; traders retenus pour le deuxième trimestre ; plan de deux ans de la SONARA) ; Business in Cameroon et African Energy Council (objectif de redémarrage d'ici 2027) ; Droit dans ses bottes (1,8 million de tonnes importées en dix mois, d'après le ministre de l'Eau et de l'Énergie) ; L'Économie (financement de l'ITFC jusqu'à 126,5 milliards de FCFA ; consortium d'assureurs mené par SanlamAllianz) ; News du Cameroun (75 % des installations récupérables) ; Actucameroun, août 2025 (obstacles financiers) ; Koaci, 11 juin 2026 (arrêt de la cimenterie de Figuil).
