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Corridors

Gasoil en Zambie, au Malawi, au Botswana : par quel port

31 octobre 2026 · 8 min de lecture

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Navires en attente de déchargement à Walvis Bay, en Namibie

Photo : Lidine Mia · CC BY-SA 4.0

Le 9 octobre 2026, une première cargaison de gasoil vendue par le négociant omanais OQ Trading est arrivée pour le Botswana par le port mozambicain de Matola. Trois semaines plus tard, la ministre des Minéraux et de l'Énergie, Bogolo Kenewendo, disait à Bloomberg avoir engagé des discussions avec Dangote, l'Angola et la Côte d'Ivoire pour diversifier les approvisionnements du pays. Au même moment, au Malawi voisin, des automobilistes dormaient dans les stations faute de gasoil.

La Zambie, le Malawi, le Botswana et le Zimbabwe n'ont pas d'accès à la mer et importent leur carburant. Tout se joue sur le port d'entrée, le corridor qui suit, et la façon de payer. Voici, pays par pays, ce qu'il faut savoir.

Passez à l'action

Les ports d'entrée

PortPaysVers où
Dar es SalaamTanzanieZambie (route et oléoduc TAZAMA), Malawi (route)
BeiraMozambiqueZimbabwe (oléoduc), Malawi et Zambie (route)
NacalaMozambiqueMalawi (rail)
MatolaMozambiqueBotswana
Walvis BayNamibieBotswana, Zambie, par les corridors de Walvis Bay
DurbanAfrique du SudBotswana ; Zambie en repli

Zambie : l'oléoduc TAZAMA et l'accès ouvert

La Zambie importe tout son carburant. Sa pièce maîtresse est l'oléoduc TAZAMA, qui relie Dar es Salaam à Ndola. Conçu pour le pétrole brut, il a été converti pour transporter du gasoil à faible teneur en soufre déjà raffiné, conversion annoncée achevée par TAZAMA en octobre 2024. Son directeur général a indiqué que la conversion portait la capacité de 600 000 à 800 000 tonnes par an, et les autorités attendaient une baisse du coût de transport du gasoil de 170 à 121 dollars la tonne.

Depuis avril 2025, un cadre d'accès ouvert permet aux distributeurs privés d'utiliser l'oléoduc. Selon Zambia Monitor, le nombre de sociétés préqualifiées est passé de 18 à 32, et la première cargaison importée par des distributeurs sous ce régime, 95 000 tonnes de gasoil, a été déchargée à Dar es Salaam en avril 2025. Le système a ses critiques : un ancien président de l'association des distributeurs affirmait en janvier 2026 que plus de 500 licences d'importation avaient été délivrées mais que trois sociétés seulement importaient réellement, l'accès à l'oléoduc faisant la différence.

Dar es Salaam et Beira sont les routes principales. Le régulateur, l'ERB, a déjà cité Walvis Bay et Durban comme routes de repli lors de difficultés sur le corridor mozambicain.

Malawi : trois corridors et une crise de devises

Le Malawi consomme environ deux millions de litres de carburant par jour. Sa politique énergétique visait 50 % des importations par la route depuis Beira, 30 % par la route depuis Dar es Salaam et 20 % par le rail depuis Nacala. La réalité penche vers Beira, à environ 800 kilomètres contre 1 500 pour Dar es Salaam : l'autorité de régulation, la MERA, indiquait que la route de Beira apportait 65 % des besoins nationaux.

Le rail reste marginal mais progresse : en août 2023, la compagnie nationale NOCMA a reçu son premier convoi de gasoil par le rail depuis Nacala, 29 wagons-citernes et 1,1 million de litres.

Les importations sont partagées entre la NOCMA, publique, et Petroleum Importers Limited, un consortium de distributeurs. En octobre 2026, le pays traverse une grave pénurie : le directeur général de la NOCMA l'attribue au manque de devises, et un rapport du FMI avait noté que des banques internationales avaient cessé de confirmer les lettres de crédit du pays. Nous détaillons le mécanisme et les solutions dans pénurie de dollars : comment payer et recevoir son carburant.

Botswana : sortir de la dépendance sud-africaine

Le Botswana achète entre 60 et 67 % de son carburant à l'Afrique du Sud selon les sources, le reste venant par le Mozambique et la Namibie. Ses stocks sont courts : en novembre 2025, un responsable public les estimait à 13,9 jours de consommation, contre 18 jugés nécessaires. En mars 2026, le gouvernement indiquait une capacité de stockage stratégique de 62,5 millions de litres, et Botswana Oil, la société publique chargée des importations et des réserves, détenait 33,1 millions de litres.

Le pays organise ses entrées par dépôts : Gantsi pour les importations de Namibie, Francistown pour celles du Mozambique, Tshele pour l'Afrique du Sud. Le dépôt de Tshele Hills, prévu à 187 millions de litres, doit porter les réserves à 60 jours d'ici 2035. Et depuis octobre 2026, la diversification passe par la mer : Matola, et des discussions avec des fournisseurs d'Afrique de l'Ouest.

Zimbabwe : l'oléoduc Beira Harare

Le Zimbabwe consomme environ trois millions de litres d'essence et quatre millions de litres de gasoil par jour, selon The Herald. L'essentiel arrive par l'oléoduc qui part de Beira : un tronçon de 294 kilomètres jusqu'à Feruka, exploité côté mozambicain par la CPMZ, puis le tronçon Feruka Msasa jusqu'à Harare, exploité par la NOIC. Sa capacité, longtemps de 2,19 milliards de litres par an, est en cours de relèvement à 3 milliards, avec un objectif de 5 milliards fin 2027 ; la CPMZ a lancé une extension qui doit augmenter de 67 % la capacité côté mozambicain d'ici fin 2027.

Ce qu'il faut savoir pour se faire livrer

  1. Choisir le port selon la destination finale, pas selon le fret maritime seul : le coût du corridor terrestre pèse souvent plus que l'écart de fret entre deux ports.
  2. Vérifier qui a le droit d'importer dans le pays de destination : distributeur agréé en Zambie, NOCMA ou PIL au Malawi, Botswana Oil au Botswana. Un acheteur final passe en général par l'un d'eux pour le dédouanement.
  3. Régler le paiement avant de charger : dans un pays où les devises manquent, un acheteur qui encaisse ses recettes en dollars hors du pays, une mine par exemple, peut payer depuis l'étranger et sécuriser ses livraisons.
  4. Prévoir le stockage au port ou à l'intérieur : une cargaison de 2 000 tonnes, environ 2,4 millions de litres de gasoil, se reprend ensuite par camion, rail ou oléoduc.

Questions fréquentes

Par quel port passe le carburant de la Zambie ?

Surtout par Dar es Salaam, par la route et par l'oléoduc TAZAMA converti au gasoil, et par Beira. Walvis Bay et Durban servent de routes de repli.

Pourquoi y a-t-il une pénurie de carburant au Malawi ?

Selon la compagnie nationale NOCMA, par manque de devises pour payer les importations. Les recettes du tabac, principale source de dollars, ont fortement baissé en 2026, et des banques internationales avaient cessé de confirmer les lettres de crédit du pays.

D'où le Botswana importe-t-il son carburant ?

Entre 60 et 67 % d'Afrique du Sud selon les sources, le reste par le Mozambique et la Namibie. Le pays diversifie ses sources depuis 2026, par Matola notamment.

Comment le carburant arrive-t-il au Zimbabwe ?

Principalement par l'oléoduc qui relie Beira à Feruka, puis à Msasa près de Harare.

Ce que nous faisons

GRACECORP AMD GROUP livre le gasoil, le Jet A-1 et le fioul CST 180 par navire directement aux ports d'Afrique australe et de l'Est, Walvis Bay, Matola, Beira, Nacala, Dar es Salaam ou Durban, à partir de 2 000 tonnes, avec une inspection indépendante au chargement et un certificat d'analyse pour chaque lot. Le prix suit la cotation internationale du produit plus une prime annoncée, et le port de chargement est inscrit au contrat. Le paiement se fait par crédit documentaire ou à 50 % à la commande.

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À lire aussi : pénurie de dollars : comment payer et recevoir son carburant et consommation de gasoil d'une mine.


Sources : Nairametrics, 28 octobre 2026, d'après Bloomberg (déclarations de Bogolo Kenewendo, cargaison d'OQ Trading par Matola le 9 octobre) ; Forbes Africa, 23 octobre 2026 (files d'attente au Malawi) ; TAZAMA, « It's done : the pipeline conversion », octobre 2024, et page des opérations ; Times of Zambia (capacité portée de 600 000 à 800 000 tonnes, coût de transport de 170 à 121 dollars la tonne) ; Zambia Monitor (cadre d'accès ouvert d'avril 2025, 18 puis 32 distributeurs, première cargaison de 95 000 tonnes) ; Lusaka Times, 3 janvier 2026 (critiques sur les licences d'importation) ; Energy Regulation Board de Zambie, communiqués sur l'approvisionnement ; The Nation (Malawi), sur la politique des corridors, la part de Beira selon la MERA, les distances et le premier convoi ferroviaire de la NOCMA en août 2023 ; allAfrica, 1er et 5 octobre 2026 (consommation, devises, rapport du FMI) ; BusinessTech, d'après la Banque mondiale (part de l'Afrique du Sud) ; Daily News du Botswana et Botswana Speaks, « Fuel Supply Update », 26 mars 2026 (stocks et capacités) ; Your Botswana et Mine Travel (Tshele Hills, 60 jours d'ici 2035, dépôts de Gantsi, Francistown et Tshele) ; The Herald et NewsDay (Zimbabwe), Freight News et AIM, août 2026 (oléoduc Beira Feruka Msasa, capacités, extension de la CPMZ, consommation quotidienne).

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