Deux contrats pour les mêmes 500 tonnes de noix de cajou : l'un FOB Abidjan, l'autre CIF Rotterdam. Le second coûte plus cher, puisqu'il inclut le fret et l'assurance. Mais dans les deux cas, le risque passe de l'exportateur à l'acheteur au même endroit, au même moment : quand la marchandise est à bord du navire, à Abidjan.
C'est la confusion la plus fréquente sur les Incoterms, ces règles de la Chambre de commerce internationale (CCI) qui répartissent frais et risques entre vendeur et acheteur. Voici ce que disent vraiment FOB et CIF dans leur version 2020, et lequel choisir.
FOB et CIF en une phrase
FOB, franco à bord : le vendeur livre la marchandise à bord du navire choisi par l'acheteur, au port d'embarquement convenu. L'acheteur paie le fret et l'assurance.
CIF, coût, assurance et fret : le vendeur livre la marchandise à bord au port d'embarquement, et il paie en plus le fret et une assurance jusqu'au port de destination convenu.
La comparaison
| FOB Abidjan | CIF Rotterdam | |
|---|---|---|
| Qui réserve le navire | L'acheteur | Le vendeur |
| Qui paie le fret maritime | L'acheteur | Le vendeur |
| Qui assure le voyage | L'acheteur, s'il le souhaite | Le vendeur, au minimum légal des Incoterms |
| Quand le risque passe à l'acheteur | Marchandise à bord, à Abidjan | Marchandise à bord, à Abidjan |
| Dédouanement export | Le vendeur | Le vendeur |
| Dédouanement import | L'acheteur | L'acheteur |
| Mode de transport | Maritime ou fluvial seulement | Maritime ou fluvial seulement |
En CIF, le vendeur paie le voyage, mais c'est l'acheteur qui en porte le risque. Si le navire fait naufrage, c'est l'acheteur qui se tourne vers l'assureur.
Le piège de l'assurance CIF
En CIF, le vendeur ne doit qu'une assurance minimale : les clauses C des Institute Cargo Clauses, pour 110 % de la valeur du contrat. Elles ne couvrent que des événements majeurs, comme l'incendie, l'échouement ou le naufrage du navire, l'abordage ou le jet à la mer. Le vol et l'entrée d'eau de mer dans la cale, par exemple, ne sont pas couverts.
Les Incoterms 2020 ont relevé ce minimum pour le CIP, la règle équivalente tous modes de transport, qui exige désormais les clauses A, dites « tous risques ». Pas pour le CIF. Si vous achetez CIF et voulez être bien couvert, écrivez dans le contrat que l'assurance sera souscrite aux clauses A.
Et les conteneurs ?
FOB et CIF sont faits pour le transport maritime de marchandises chargées directement à bord, comme le vrac. Un conteneur, lui, est remis au terminal avant le chargement : le vendeur en perd le contrôle tout en gardant le risque jusqu'à la mise à bord.
Pour les conteneurs, la CCI recommande dans une note d'orientation d'utiliser plutôt FCA, franco transporteur, ou CPT, port payé jusqu'à. Depuis 2020, la règle FCA permet aussi de convenir que le transporteur remettra un connaissement « à bord », souvent exigé par les banques dans un crédit documentaire.
Lequel choisir quand vous achetez en Afrique
Choisissez FOB si :
- vous achetez de gros volumes et avez accès à de bons taux de fret ;
- vous voulez choisir le navire, l'armateur et la date ;
- vous voulez maîtriser votre propre assurance.
Choisissez CIF si :
- vous achetez des volumes modestes et le vendeur obtient de meilleurs taux de fret que vous ;
- vous voulez un prix rendu port de destination simple à comparer ;
- vous n'avez pas d'organisation logistique au départ.
Dans les deux cas, précisez le port, la version des Incoterms (« Incoterms 2020 »), et pour le CIF le niveau d'assurance.
Et quand vous vendez vers l'Afrique de l'Ouest
Dans plusieurs pays de la zone CIMA, la conférence interafricaine des marchés d'assurances, l'assurance des marchandises importées doit être souscrite auprès d'un assureur local. Selon un état des lieux présenté à la FANAF en 2018, c'est le cas au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire, au Mali et au Sénégal. En Côte d'Ivoire, c'est une ordonnance du 16 mai 2007 qui l'impose.
Conséquence : un importateur de ces pays achète en général FOB ou CFR, coût et fret, et assure lui-même la marchandise sur place. Une offre CIF n'est pas adaptée.
Notre lecture
Le choix entre FOB et CIF n'est pas une question de prix, c'est une question de contrôle. Celui qui affrète le navire décide de la date, de l'armateur et de l'assurance. Les acheteurs qui débutent préfèrent souvent le CIF, plus simple ; ceux qui achètent régulièrement passent au FOB pour reprendre la main sur le fret.
Pour un acheteur qui ne veut gérer ni fret, ni assurance, ni douane, il existe une troisième voie : acheter rendu à son entrepôt, droits acquittés.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre FOB et CIF ?
En FOB, l'acheteur paie le fret et l'assurance. En CIF, le vendeur les paie jusqu'au port de destination. Dans les deux cas, le risque passe à l'acheteur quand la marchandise est à bord au port d'embarquement.
Qui paie l'assurance en FOB ?
L'acheteur, s'il décide d'assurer la marchandise. Le FOB n'impose aucune assurance.
Quelle assurance le vendeur doit-il en CIF ?
Au minimum les clauses C des Institute Cargo Clauses, pour 110 % de la valeur du contrat, sauf si le contrat prévoit mieux.
Peut-on utiliser le FOB pour un conteneur ?
C'est courant, mais la CCI recommande FCA ou CPT pour les conteneurs, qui sont remis au terminal avant le chargement.
Qu'est-ce que le CFR ?
Coût et fret : le vendeur paie le fret jusqu'au port de destination, mais pas l'assurance. C'est le CIF sans l'assurance.
Ce que nous faisons
GraceRoad chiffre ses ventes FOB, CIF ou rendues à votre entrepôt, droits acquittés, selon ce que vous préférez gérer vous-même. Nous vérifions que les documents demandés par votre crédit documentaire correspondent à l'Incoterm choisi avant tout chargement.
À lire aussi : Incoterms 2020 : le guide complet et connaissement maritime : définition et rôle.
Sources : Chambre de commerce internationale, Incoterms 2020, règles FOB, CIF, CIP et FCA ; CCI, note d'orientation « Incoterms 2020 FCA and CPT: Best practice for shipping containers through ports » ; HFW, « Incoterms 2020 at a glance and commentary » ; ASACI, communication « Assurances obligatoires », états généraux CIMA FANAF, mars 2018 ; ordonnance ivoirienne n° 2007-478 du 16 mai 2007, présentée par Abidjan.net.
