Un chargeur nous a raconté cette histoire l'an dernier. Trente tonnes de riz, un transporteur trouvé par relation, un prix inférieur de vingt pour cent au marché. Le camion est parti de Dakar un jeudi. Il est arrivé à Kaolack le mardi suivant, avec six sacs manquants et un chauffeur qui ne répondait plus depuis quatre jours. Aucun papier n'avait été échangé. Il n'y avait rien à réclamer, et personne à qui le réclamer.
Cette histoire n'a rien d'exceptionnel. Elle est même banale, et c'est ce qui explique la méfiance de la plupart des chargeurs ouest-africains envers les transporteurs. Le problème n'est pas qu'il n'existe pas de bons transporteurs — il en existe beaucoup, sérieux, équipés, réguliers. Le problème est que rien ne les distingue des autres au moment où vous devez choisir.
Voici ce qu'il faut regarder.
Les documents que vous devez voir avant le chargement
Un transporteur professionnel possède ces pièces et les montre sans discuter. Celui qui hésite, promet de les envoyer plus tard ou explique que « tout est en règle » sans rien produire vous dit déjà tout ce que vous devez savoir.
La licence de transport. Au Sénégal, l'exercice du transport routier de marchandises pour compte d'autrui est soumis à autorisation. Demandez-en une copie et vérifiez qu'elle est en cours de validité, pas expirée depuis deux ans.
La carte grise du véhicule. Elle doit correspondre au camion qui se présentera au chargement, pas à un autre de la flotte. Notez l'immatriculation et exigez qu'elle soit confirmée par écrit avant l'enlèvement.
La visite technique. C'est la pièce la plus révélatrice, et celle qu'on oublie le plus souvent de réclamer. Un poids lourd qui roule sur les corridors régionaux subit des contraintes considérables. Une visite technique périmée signifie que personne n'a regardé les freins ni les pneus depuis longtemps.
L'assurance responsabilité civile du transporteur. Attention au piège : elle couvre les dommages causés aux tiers, pas votre marchandise. Beaucoup de chargeurs croient être couverts alors qu'ils ne le sont pas.
L'assurance des marchandises transportées. C'est celle qui vous concerne. Demandez l'attestation, lisez le plafond d'indemnisation, et comparez-le à la valeur réelle de votre chargement. Une police plafonnée à cinq millions ne vous sert à rien si vous expédiez pour quarante millions de matériel.
Pour l'international : le carnet TRIE et l'agrément CEDEAO. Sans eux, votre camion s'arrêtera à la frontière et votre marchandise attendra dans la cour d'un poste de douane pendant que quelqu'un cherche une solution.
Les signaux qui doivent vous faire renoncer
Certains comportements ne trompent pas, et ils apparaissent tous avant le chargement.
Un transporteur qui refuse de donner l'immatriculation à l'avance ne sait pas encore quel camion il enverra — souvent parce qu'il n'en possède aucun et sous-traitera à quelqu'un que vous ne connaîtrez jamais.
Un prix très inférieur au marché n'est pas une bonne affaire. Le carburant, les péages, le chauffeur et l'entretien ont un coût incompressible. Quand un prix passe nettement en dessous, quelque chose a été retiré : l'assurance, l'entretien, ou la marchandise elle-même en cours de route.
Une demande d'acompte en espèces sans document signé est le schéma classique. Vous payez, le camion ne vient pas, et vous n'avez aucune preuve qu'une somme a été versée.
L'absence de lettre de voiture est rédhibitoire. C'est le contrat de transport, la preuve de prise en charge et le support de vos réserves à la livraison. Un transport sans lettre de voiture vous laisse juridiquement sans recours.
Enfin, méfiez-vous de celui qui accepte tout sans poser de question. Un professionnel demande la nature exacte de la marchandise, son conditionnement, l'accessibilité des sites, les moyens de manutention disponibles. Celui qui dit oui à tout n'a pas encore réfléchi à la façon dont il chargera.
Les vérifications que vous pouvez faire vous-même
Appelez le numéro figurant sur les documents, pas celui qu'on vous a donné de vive voix. Demandez à parler à quelqu'un d'autre que votre interlocuteur.
Demandez deux références de chargeurs récents, et appelez-les vraiment. Une seule question suffit : « est-ce que la marchandise est arrivée dans les délais annoncés, et dans quel état ? »
Si le trajet est important, allez voir le camion avant le chargement. L'état des pneus et des bâches se juge en trente secondes, sans être mécanicien.
Pourquoi nous faisons cette vérification à votre place
Ce travail est long. Un chargeur qui expédie deux fois par mois n'a ni le temps ni les moyens de le recommencer à chaque opération, et c'est précisément pour cette raison que la plupart s'en dispensent et finissent par se faire avoir.
Chez GraceCorp, aucun transporteur n'entre dans notre réseau sans avoir déposé ses pièces et sans qu'elles aient été contrôlées une par une : licence, cartes grises de chaque véhicule déclaré, visites techniques, attestations d'assurance, agréments pour l'international. Les dates d'expiration sont enregistrées, et un document périmé fait sortir le transporteur des consultations jusqu'à ce qu'il le renouvelle.
Quand vous nous confiez un dossier, vous ne choisissez pas un transporteur dans une liste : nous consultons ceux dont nous avons vérifié les papiers, et c'est GraceCorp qui reste votre interlocuteur du départ à la livraison. Si un camion tombe en panne, ce n'est pas à vous d'en trouver un autre.
C'est la différence entre confier sa marchandise à quelqu'un et la confier à quelqu'un dont on a vérifié qu'il pouvait la transporter.
À lire ensuite : l'assurance des marchandises transportées pour comprendre ce qui est réellement couvert, et le TRIE si votre transport franchit une frontière.
