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Marché

Le transport en Afrique de l'Ouest : la réalité des chiffres, et nos réponses

1 septembre 2026 · 5 min de lecture

Composition de barres et de tracés géométriques évoquant des données logistiques, en orange et pêche sur navy

On lit beaucoup de généralités sur la logistique africaine, souvent misérabilistes, rarement chiffrées. Cet article ne présente que des données publiées par des sources identifiables, avec leurs limites. Certaines vont à l'encontre du discours convenu.

Dakar est le port à conteneurs le mieux classé d'Afrique subsaharienne

C'est le fait le plus contre-intuitif, et il est documenté. Dans l'édition 2024 du Container Port Performance Index (CPPI), publié conjointement par la Banque mondiale et S&P Global, le port de Dakar est le port le mieux classé d'Afrique subsaharienne.

Le redressement est spectaculaire : la valeur CPPI du port est passée de -82 en 2023 à 23 en 2024, tandis que le nombre d'escales augmentait également.

Les facteurs identifiés par l'étude sont concrets : investissements de l'opérateur DP World, présent depuis 2008 — nouvelles grues, extension des terre-pleins, développement d'un port community system — ainsi qu'une meilleure connectivité avec l'arrière-pays, incluant l'amélioration des liaisons routières, la réhabilitation ferroviaire en cours vers le Mali, et un guichet unique douanier ayant réduit les temps de séjour. La connectivité maritime s'est améliorée, Dakar recevant désormais des services directs depuis l'Asie.

Ce que cela veut dire pour un chargeur : le maillon portuaire n'est plus le point noir automatique qu'il a pu être. La performance s'est améliorée, et un dossier bien préparé en profite réellement.

Le trafic conteneurisé progresse

Sur le trafic, les chiffres communiqués par le Port autonome de Dakar font état de 881 289 conteneurs traités en 2024, contre 848 276 en 2023, soit une progression d'environ 4 %.

Réserve méthodologique : les chiffres de tonnage global publiés dans la presse pour 2024 varient d'une source à l'autre selon le périmètre retenu (trafic net, trafic global, périodes glissantes). Nous ne retenons ici que la donnée conteneurs, la plus homogène d'une année sur l'autre. Pour un usage contractuel, référez-vous aux publications officielles du Port autonome de Dakar.

Le cadre juridique régional est favorable — et ancien

Le Transit Routier Inter-États (TRIE) a été adopté par les États membres de la CEDEAO le 29 mai 1982 à Cotonou. Il permet le transport routier de marchandises d'un bureau de douane d'un État membre vers un autre en suspension de droits et taxes, sous un document douanier unique.

Ce n'est donc pas un chantier à venir : le cadre existe depuis plus de quarante ans. Nous le détaillons dans notre article sur le TRIE.

Mais la friction sur les corridors est reconnue institutionnellement

C'est le contrepoint honnête. En 2007, l'UEMOA et la CEDEAO ont mis en place conjointement un Observatoire des Pratiques Anormales (OPA) sur les axes routiers inter-États.

L'existence même de cet observatoire est significative : on ne crée pas un dispositif de mesure des pratiques anormales sur des corridors qui fonctionnent sans friction. Les contrôles non prévus et les prélèvements informels aux barrages sont un phénomène documenté par les institutions régionales elles-mêmes.

Ce que cela veut dire pour un chargeur : le nombre d'arrêts et leur durée dépendent fortement de la qualité du dossier documentaire et de l'expérience du transporteur sur l'axe. Ce n'est pas un facteur aléatoire — c'est un facteur sur lequel on peut agir.

L'intégration continentale avance, progressivement

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est entrée en vigueur en 2019 et est opérationnelle depuis 2021. Elle réunit un très grand nombre d'États du continent autour d'un marché de plus de 1,3 milliard de consommateurs, avec pour objectif l'élimination progressive des droits de douane sur l'essentiel des échanges intra-africains.

Une Initiative de commerce guidé a été lancée en octobre 2022 pour tester les procédures en conditions réelles.

Réserve : on trouve dans la presse des projections chiffrées très variables sur les gains attendus. Nous ne les reprenons pas : les objectifs annoncés et le déploiement effectif sont deux choses distinctes, et il est trop tôt pour affirmer un impact mesuré sur le fret routier régional.

Le Sénégal est devenu producteur d'hydrocarbures

Le 11 juin 2024, le champ Sangomar, situé à environ 100 km au large de Dakar, a livré son premier pétrole. Le projet est opéré par Woodside (82 %) en coentreprise avec PETROSEN (18 %), via une unité flottante de production d'une capacité nominale de 100 000 barils par jour.

C'est un changement structurel pour l'économie sénégalaise, avec des effets attendus sur les besoins logistiques — équipements industriels, matériel de chantier, produits pétroliers. Nous traitons le volet transport dans notre article sur les produits pétroliers raffinés.

Ce que nous en retenons, et comment nous nous positionnons

La performance portuaire n'est plus l'excuse principale. Dakar s'est amélioré de façon mesurée par une source indépendante. Le principal facteur de retard reste, dans notre expérience, l'incomplétude documentaire côté chargeur — et c'est exactement pour cela que notre assistant collecte le dossier de façon aussi méthodique, question par question, avant que l'opération ne démarre.

La friction sur les corridors se réduit par le choix du transporteur. Elle ne se supprime pas par un discours commercial. C'est la raison pour laquelle nous vérifions manuellement les documents et les véhicules de chaque transporteur partenaire — carte grise, assurance, visite technique, licence — plutôt que d'ouvrir la plateforme à qui veut s'inscrire.

Le cadre régional favorise les corridors, y compris hors Dakar. Nous opérons également des trajets qui ne passent pas par le Sénégal — Lomé – Ouagadougou, Cotonou – Ouagadougou, Abidjan – Ouagadougou, Conakry – Bamako.

Nous ne publions pas de prix, et nous n'inventons pas de statistiques. Chaque devis est établi après étude du dossier réel. Chaque chiffre de cet article est attribué à sa source ci-dessous.


Sources : Container Port Performance Index 2024, Banque mondiale et S&P Global ; chiffres de trafic conteneurs 2023-2024 communiqués par le Port autonome de Dakar et relayés par la presse spécialisée ; Convention A/P4/82 relative au Transit Routier Inter-États, CEDEAO, 29 mai 1982 ; Observatoire des Pratiques Anormales, initiative conjointe UEMOA-CEDEAO, 2007 ; Zone de libre-échange continentale africaine ; première production du champ Sangomar, Woodside Energy, 11 juin 2024.

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